Le sanctuaire de la feinte Trini-thé


03 août 2016

Pokemon Go ou MAIS LAISSEZ LES GENS AIMER DES TRUCS, BORDEL DE MERDE

VOILÀ VOILÀ.
Ouais je dépoussière ce blog pour pousser une gueulante (encore une, oui, on ne se défait pas si facilement des vieilles habitudes). Désolée de mon absence ces derniers jours... mois... années... Disons que ma vie à beaucoup changée. Je ne peux même pas promettre que je vais me remettre à poster régulièrement ici. On va dire que l'occasion fait le larron, le blog était là, mon coup de gueule trop long pour tenir sur un statut fesses-de-bouc. Alors j'écris. Deal with it.

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Vous êtes prêts?
Parlons de Pokémon Go, le gros phénomène du moment (plus de 100 milions de téléchargements, quand même, pas mal quand on sait qu'il est produit par Niantic, une boîte qui n'avait que 13 employés en 2015). Il y aurait beaucoup de choses à dire sur le jeu, l'explosion de sa popularité sur internet, la quantité de fanarts d'une qualité incroyable que j'ai pu voir sur tumblr, les théories sur les différentes équipes, les annonces qui ont été faites... Mais ça serait faire un article constructif et c'est pas le genre de la maison. Non, madame, non, monsieur, non, camarade non-binaire, on ne va parler de tout ça.

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Si vous avez lu le titre, je pense que vous avez déjà une vague idée de la teneur de cet article.
Non, on va parler des "anti-pokemon go". Plus exactement les vocaux. Ceux qui saturent mes réseaux sociaux de messages et qui viennent m'emmerder quand je suis coincée derrière un comptoir de caisse pour m'expliquer que, vraiment, les versions bleue, rouge et jaune étaient bien meilleures et que pokémon c'est plus comme avant, blablabla, de mon temps on allait à l'école à pieds sous la neige et les jeunes d'aujourd'hui, blablabla...
Mes amis. Friends. Amigos.
Je m'en fous à peu près autant que de mon premier tampon hygiénique.
Je ne joue même pas à Pokémon Go (mon téléphone est un vieux modèle moisi qui ne reçoit même pas les mms, alors faire tourner une app...) mais je commence en avoir ras le cul.
 
Déjà, c'est bon, je bosse dans un métier du service, j'entends des vieux ronchonner à longueur de journée, c'est pas pour me les cogner aussi quand je suis en civile et que je ne suis pas littéralement payée pour supporter ça. Et ensuite, franchement, de vous à moi. Qu'est-ce que vous en avez à branler? Qu'est-ce que ça vous enlève?
"Oh non, des gens qui s'amusent et qui font de l'exercice, quelle horreur!"
Vous sonnez exactement comme le genre de type qui chierait dans le petit bassin de la piscine parce qu'il trouve que les enfants s'amusent trop, la natation c'est SÉRIEUX PUTAIN.

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J'ai lu pleeeeeeeeeiiiiiiiin de trucs du genre "oui mais les joueurs ne profitent pas de l'extérieur, ils sont braqués sur leurs portables, blablabla". J'ai une surprise pour vous : on peut faire plusieurs choses à la fois. Si, si ! Tout comme je peux respirer et penser, mon compagnon peut ET jouer à Pokemon Go ET profiter d'une ballade en amoureux. C'est fou non, les progrès de la technologie.
Quand les gens restent à l'intérieur pour jouer, c'est pas bien. Quand ils sortent pour jouer, ça ne va toujours pas. Faudrait voir à se décider, hein.
Et puis c'est exactement le même argument en carton que j'ai entendu encore et encore et encore à propos des téléphones portables dans les transports en communs. Blablabla, les gens ne se regardent pas, blablabla, ils sont sur leurs portables.

Encore une fois, j'ai un scoop (M6, embauchez-moi, je suis une mine d'or) ! Mon portable est tout moisi, comme je l'ai dit. Donc je ne m'en sers que pour téléphoner et donc pas dans les transports. ET STUPEUR GÉNÉRALE!!!!! Je ne regarde pas les gens non plus et je ne leur parle pas. Parfois je lis un bouquin. Parfois je dessine. Parfois je regarde dans le vide en me demandant si j'ai l'air assez dramatique et triste pour être une héroïne de film d'auteur (la réponse est non, vu que 9 fois sur 10 j'ai du dentifrice séché au coin des lèvres).
C'est à croire que après avoir travaillé toute la journée et avoir supporté le bruit et la cohue des rues de Paris... je n'ai pas envie... de discuter avec le premier pécore venu qui sent la sueur???? Mais comment cela se faisse????

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C'était tellement mieux avant.

Donc par pitié. Calmez un peu vos miches et arrêtez de me bassiner avec votre anti-conformisme de classe de CP. Apprenez à faire du macramé, prenez des cours de yoga, commencez à écrire ce roman dont vous parler tout le temps, prenez des cours du soir. Si vous ne pouvez pas supporter que d'autres personnes ne s'amusent, votre vie n'est pas assez épanouissante.

C'est un jeu. Un jeu qui est populaire parce que c'est un rêve qui a presque 20 ans pour beacoup d'entre nous: Pokémon "pour de vrai".

Je me souviens de la toute première fois où j'ai tenu ma gameboy color dans mes mains. La première fois où j'ai perdu un match et j'ai pleuré parce que je croyais que mes pokémons étaient morts et que c'était ma faute. La première fois où j'ai battu la ligue et la fierté que j'ai ressenti. Les heures passées avec ma meilleure copine à inventer des histoires avec nos dresseuses Mary-Sues qui avaient des pokémons ors et argent (on a les goûts qu'on a quand on a 10 ans), et à les dessiner ensuite. Quelque part, c'est en partie grâce à Pokémon que je suis devenue une artiste.

Je me souviens d'à quel point c'était magique. L'impression de découverte, d'aventure. A l'époque, je ne connaissais pas les maps, le level design, les clichés des rpgs. Le monde de Pokémon avait l'air infini. J'ai rêvé pouvoir partir sur les routes moi aussi avec un croisement de poméranien et de lance-flammes à mes côtés. J'en rêve encore.

Hier en rentrant du taffe, j'ai croisé deux gamines bras dessus, bras dessous, en train de chanter le générique du dessin animé.

Vous aurez beau dire que la première génération était la meilleure, j'ai hâte de rencontrer la nouvelle.

 

29 mai 2016

Journal d'un raté.

Je me suis toujours considéré comme une personne normale ,sans rien de bien particulier, voire même un peu plus banale que la moyenne.

Il était certain que jamais on ne me remarquerai ,et je vivais plus ou moins bien cet état de fait. Il faut dire que de nos jours ,il est tellement rare de sortir de la banalité affligeante de la vie ,que ce n’est plus une fatalité .En fin bref ,une vie terne et sans surprise m’attendait ,avec les classiques études qui ne mènent a rien ,le flirt sans lendemain qui va avec ,et un mariage précoce ou une solitude tardive : les gosses ,les visites dominicales chez la belles mère ,une maîtresse pour tromper mon ennui ,un divorce coûteux et une mort sans panache assortis à la première solution ; les animaux innombrables , les dizaines de psys différent et divers ,des médicaments , antidépresseurs, cocktails détonants , vie d’alcoolique peut être et mort , toujours ,on y passe tous à la fin, mort donc, entouré de ficus et mangé par mes berger allemands ,à la seconde. Rien de bien réjouissant. Mais que faire d’autre de sa vie ? De toute façon ,tellement de gens ont la même, je n’allais pas me plaindre d’avoir reçu autant que mon voisin.

Un vague petit espoir luisait pour moi au bout du tunnel ,mais la peur de m’apercevoir qu’il s’agissait peu être de celle d’un train ,m’avait fait fuir plutôt que d’avancer vers elle. J’étais médiocre ,et me complaisais dans cette reposante médiocrité. Je ne pouvais que le moins ,et l’on ne me demanderais jamais le plus. La promesse d’un avenir meilleur m’était bien trop fragile pour motiver une quelconque réaction chez moi. Alors, qu’est ce qui a changé ?

Aussi ridicule que cela paraisse c’est cette même médiocrité qui m’entraînait vers le fond qui ma fait rejaillir à la lumière du jour.

Médiocre en tout, même en médiocrité. Impossible pour moi de rater ma vie, j’étais trop mauvais pour ça. J’écrivais ma vie, sa platitude , l’ennui grandissant que j’avais a la poursuivre, et pourtant la flemme d’en finir ,enfin toute ces choses tellement banales que une fois écrites, elles tombait dans l’oubli , et que ne relisait jamais.

Un jour quelqu’un est tombé sur un de ses cahier, confident de papier, ami virtuel, simulacre ridicule d’un autre soi même, gardien presque immortel des niaiseries que l’on croit secret. Je l’ai laissé le lire… Qu’est ce que cela m’importait ? Il pouvait le jeter, ou le brûler même , ça le rendrait utile .

Il a fait pire : il lui a trouvé du génie.

Laissez moi crier, hurler même ! Du génie !! voyez vous ça…Une incroyable simplicité et clarté dans les termes , les moments banals de la vie criant de vérité… tant de qualité secrètes trouvées dans ce pauvre torchon ,ce malheureux compte rendu de ma vie.

La vérité est qu‘il plait au gens de voir qu’il existe une vie pire que la leur, qu’il n’ont pas touché le fond, quelqu’un d’autre l’a fait pour eux. Me voilà promu superstar pour nullité excessive et rassurante, en gros comme exemple a ne pas suivre pour réussir sa vie. N’est ce pas merveilleux ?

 

Du jour au lendemain tout le monde se prétend mon ami. Ou que j'aille on me reconnaît, on me salue, on me parle, me touche, m'appelle et m'emmerde au final.

Je n'ai plus confiance en personne ni en rien. Ils attendent tous quelque chose de moi, alors que je n'ai jamais rien attendu de personne , et encore moins de moi.

Des milliers d'yeux me scrutent et m'épient, analysant chacun de mes geste, chacune de mes paroles.

Je ne peu même plus péter sans que ce ne soit consigné quelque part.

Les filles me trouvent du charme, les hommes de l'humour ou de l'audace. On m'invite, on m'attends, on m'espère.


Mais merde, foutez moi la paix !

Alors je me cache, je me terre chez moi, barricade mes fenêtres et piège mes entrées.

Mais le monde est partout. Sur internet, au téléphone....partout ! Partout !

Il se faufile et parasite notre quotidien, il nous appelle, et on finit par céder, on lui offre une petite ouverture, d'abord par curiosité, un blog « comme ça »... Mais le monde ne se contente pas d'un peu.

Il nous aspire, nous avale, nous bouffe tout entier.

Le monde me scrute et m'attend. Va z'y petit, fait ton numéro !

Si tu te débrouille bien, à toi la gloire ! Montre moi de quoi tub es capable, du meilleur comme du pire, mais surtout le pire !

 

Il faut que les autres en profitent et s'en repaissent.

Ils ne parlent que de moi, pour éviter de parler d'eux même. Tu as vu Bidule ? Ouais, il est trop minable ! Et pendant que je suis humilié et rabaissé par leur supériorité intellectuelle, ils gardent leurs petites couilles bien à l'abri, et se toisent comme des hyènes face à une carcasse fraiche, prêtes à s'égorger mais arborant un large rictus sur leur face , et se faisant milles civilités.

Et quand il ne restera plus rien de moi ?

 

Ah ! Cher peuple ! Aime moi, au final tu as bien raison !

Les Romains étaient moins hypocrites, ils envoyaient à une mort réelle et cruelle leurs gladiateurs, et s'amusaient à les voir souffrir et crever comme de pauvres merde, mais au moins les règles étaient claires : survivre et crever les autres, ou mourir pour distraire la foule.

 

Rien n'a beaucoup changé au final !

On envoie à la télé de pauvres gogol avide de reconnaissance, et le monde les regarde tourner dans leur bocal, jusqu'à en crever. Mais la mise à mort du gladiateur a été édulcorée, le perdant se voit juste humilié publiquement. Mais les rires peuvet être aussi tranchant comme des lames.

C'est mon tour.

Je me débat au milieu de l'arène ,clown malgré moi de ma propre vie, ou je m'agite sans but, tentant d'échapper aux fauves que l'on vient de me lâcher dessus. On me déchire à belle dents, on me lit , on m'analyse , on démonte mes propos, on les interprète, les déforme et on me les ressert comme preuve à charge.

Je n'ai pas demandé à être ici. Je n'ai pas eu le choix.

C'est vous qui appellez ça de l'Art, alors arretez de me le reprocher !

 

Bientôt je serait vide, usagé et alors enfin on me laissera tranquille.

Mais c'est faux. Ma vie d'avant a explosé en un millier de petit éclats.

La célébrité me colle à la peau.

Elle m'a eu la chienne.

J'ai toujours été un raté, je ne m'en suis jamais caché. Mais que j'en redevienne un alors que « j'aurais pu être quelqu'un », on ne me le pardonnera pas.

Pas de retour au point zéro. Ce sera toujours pire après qu'avant. Troisième sous sol pour moi.

Au revoir, merci.

Je suis « encore plus raté ». On rit encore de moi, mais cette fois ci ça ne me rapporte rien.

On m'épie toujours. Pire, on attends quelque chose de moi. Avant je donnais, maintenant je dois.

Comme si j'étais redevable de quoi que ce soit à ces con qui on cru en moi.

 

Quand t'es célèbre, faut toujours que tu grimpes vers de plus haut sommets, alors qu'au début t'avais juste envie d'aller en ligne droite . Ou en pente douce vers le bas, comme moi.

 

J'aurais pu avoir une vie banale, voir médiocre. J'aurais pu la vivre sans emmerder personne, et disparaître discrètement, dans l'intimité de mon foyer. Personne n'aurait été au courant, et j'aurais été un anonyme de plus dans la multitude de la planète. Et ça m'allait très bien comme ça.

Y faudrait pas être célèbre.

Jamais .

 

Alors je me suis barré. Je me suis caché. Loin.

Pendant longtemps.

Et comme j'étais tranquille, et que personne ne me remarquait plus nulle part, je suis à nouveau sortit.

Et comme je m'ennuyais, j'ai commencé à griffonner et gribouiller des petits bonhommes dans des cahiers. Personnages grotesques et disproportionnés. ,des scènes de la vie quotidienne, saynètes sans queue ni tète, des choses tellement banales que une fois dessinées, elles tombait dans l’oubli .

Un jour quelqu’un est tombé sur un de ces cahier...

 

 Alors je l'ai tué.

 

Posté par SasuKumo à 12:33 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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