Tu seras un Homme, mon Fils ! ou une femme, c'est celon.
Ma vie fort passionnant m'offre généreusement -mais pas de façon assez régulière- de jolis sujets de questionnement.
Il parait que ça fait partie de ma richesse personnelle de me poser pleins de questions, de cultiver ma curiosité sur la vie en général et sinon de trouver les réponses, au moins essayer de me satisfaire momentanément de quelques brides, le temps de pleinement entrevoir le problème dans son ensemble.
Ca me casse aussi prodigieusement les ovaires, vu que mon cerveau malade me torture généreusements de questions à la con, me plongeant régulièrement dans un abime poisseux de Gloom tenace, sur bien souvent des considérations parfaitements stiupides et inutiles !
Alors toi aussi amis lecteur amuse toi avec mes questions inutiles et stupides qui ne seront plus d'actualité dans 2 semaines , et gloomont ensemble !
Il y a peu j'étais en vacances -si on veut, que les Mères qui me lisent m'expliquent comment faire les mêmes choses- repas, vaisselle, torchage de gosse) mais dans un autre endroit peut s'appeller des vacances ? - et j'ai eu le plaisir de revoir mon frère ainé, qui lui aussi cultive sa curiosité d'enfant sur toutes choses de la vie.
Il m'a parlé de différentes espèces sympathiques de fourmis, des grosses, des rouges, des sympa et d'autres non. Et des "Bullet Ant".
Un petit extrait de Wiki , pour les paresseux du fond :
La paraponera est souvent appelée fourmi balle de fusil en raison de sa piqure très douloureuse, comparée à un coup de fusil. Elle désigne une grande fourmi de couleur noire, comprenant deux espèces :
- Paraponera clavata (Fabricius, 1775)
- Paraponera dieteri Baroni Urbani, 1994
Très connue en Amérique Centrale et du Sud, ces fourmis y sont craintes et respectées. La fourmi possède, pour se défendre, un long dard ; la piqûre est vraiment très douloureuse pour l'humain et son effet est instantané. Le venin, de la poneratoxine « un peptide neurotoxique » et de l'acide formique est particulièrement efficace. Elle est appelée « la fourmi 24 heures » dans certains pays pour signifier la durée des douleurs ressenties, mais, en fait, selon l'endroit où l'on est piqué, le temps de la douleur de la piqûre varie. La douleur qui irradie dans tout le membre touché, parfois accompagnée de spasmes, peut perdurer péniblement jusqu'à six heures, parfois encore plus. Très intense au début, elle diminue avec les heures. Cette douleur est la plus forte d'après l'échelle de la douleur de Schmidt.
Certaines populations indigènes amazoniennes du Brésil et de Guyane française comme les Wayana, les Wayãpi, les Apalai, les Satere-Mawe se servent de fourmis des genres Paraponera ou Dinoponera dans leur rite de passage ou rite initiatique pour les garçons, parfois les filles, au moment de la puberté. Ils confectionnent différents types de natte de feuillage ou de joncs ressemblant dans certain cas à un « plastron » et y insèrent une quinzaines ou plus de ces fourmis, parfois également des guêpes. Chez les Wayana et les Apalai, cette vannerie, richement décorée de plumes d'oiseaux, est appelée kunana ; elle est la « représentation d’un esprit puissant » et peut avoir une forme de poisson, d'oiseau ou d'écureuil. Cette vannerie est apposée sur la poitrine ou le dos du postulant durant plusieurs minutes. L'initié doit montrer sa capacité à résister à la douleur de la façon la plus stoïque possible. Dans d’autres populations, le jeune homme doit s’accroupir à proximité du nid de fourmis plaçant ses bras croisée près de l'entrée jusqu’à dix minutes. Le but de cette épreuve consiste également à affirmer son courage.
Bon.
En gros, le gars il douille une quinzaine de piqure d'une des bebette reconnue comme étant une des plus douloureuse au monde pour prouver qu'il est un Homme, un vrai. Piqure pouvant occasionner des spasmes, entre autres joyeusetés.
Ca c'est du rite de passage couillu !
Donc la discussion sur les fourmis m'a fait venir à la constatation que malheureusement dans notre joli monde moderne, ce fameux "rite de passage" a quasiment totalement disparu, laissant la jeunesse se chercher longuement sans parfois se trouver. Ou alors on ne m'a rien dit et j'ai loupé le mien à un moment ou un autre (je vous jure, j'ai jamais reçu le courrier !)
Enfin... je parle en mon nom et experience propre bien entendu.
J'ai eu durant mes vacances un petit accrochage avec ma mère et quelques "tensions gentillettes" lors de la cohabitation avec ma belle famille . Rien de grave, mais je me suis sentie l'espace d'un instant comme une gamine chopée la main dans le pot de confiote, honteuse et mal à l'aise et certainement pas comme une adulte responsable ayant fait ses preuves en tant qu'être humain ,d'égale à égale avec mes ainées en tant que mère comme en tant que femme.
Je me suis demandé ce qui pourrait bien, une bonne fois pour toute et de façon irrévocable, prouver que je suis ADULTE et que je mérite autant qu'un autre le respect et d'être considéré comme une égale ?
Parce que autant ma belle Mère me respecte en tant que mère, autant j'ai toujours le vague sentiment qu'étant du même âge que sa fille je suis assimilée à une part de la fratrie (encore que ça c'est mignon je trouve) mais surtout considérée au même titre que sa fille comme une gamine débile mal grandie et irresponsable qu'il faut prendre en main en permanence .
Parce que ma mère me reconnais comme personne responsable (encore que me dire de ne pas parler aux inconnus et de me méfier si un gars louche avec un petit chat m'aborde, j'ai comme un doute) mais ne me reconnait pas du tout comme Mère. Voir pire, se permet de mettre en doute ma façon d'élever ma fille, ma façon d'agir avec elle et me reprends ouvertement devant témoins.
Je ne parle qu'en mon nom, mais j'observe bien souvent ce même malaise de ne pas se sentir "à la hauteur", "égal" avec ses parents ou autres personnes plus agées ou non, comme s'il nous manquait un certificat, une preuve, une attestation comme quoi nous avions fait nos preuves et qu'aux yeux de la société nous vallions autant que nos concitoyens et qu'enfin nous n'ayons plus besoin de nous justifier, d'aller toujours plus loin pour esperer cette pu...naise de reconnaissance (oué, je suis en sevrage de gros mots, ma gamine les répète sinon).
Avant (pour l'Homme) c'était boire un bon coup de gnole jusqu'à perdre connaissance, perdre sa virginité, faire la guerre et en revenir relativement entier (ou le service militaire) , trouver un travail , violer un ours et battre une Sqwaw à mains nues et ramener sa peau (un truc du genre) , fonder une famille ... tout cela élevait le fils a -presque- l'égal de son père, il devenait un Homme, il y a avait quelque chose à raconter , quelque chose se faisait , se prouvait qui marquait le passage de l'enfant vers l'adulte.
Pour les femmes... euh... savoir tenir une maison, coudre, se marier ? Ouais, bon c'était surtout lié au fait de devenir dépendante d'un -autre - homme, avoir un gosse. Pas beaucoup de "tu iras tuer un élan que tu aura chassé à cloche pied les yeux bandés à la pleine Lune et tu ramènera sa peau" ou de "tu dansera pied nu sur des chardons ardent en chantant et en te pintant à l'eau de feu mais sans te cramer la gueule en t'en renversant dessus ". Franchement on savait pas s'amuser à l'époque...
Je ne sais pas réellement si ce genre de joyeusetés réglait réellement le soucis , si on évitait toutes les pu...rées de questions existentielles qui fourmillent sous mon petit crâne aujourd'hui, si ça permettait au gars de dire "merde" un bon coup a son père qui considère que son fils , bien qu'ayant un travail, une femme, un enfant, une vie largement agréable et réussie n'est encore qu'une sombre merde que lui seul peut élever au rang d'Homme, écoute papa il sait comment faire.
Je me fais peut être des idées à idéaliser un temps révolu, bien plus dur qu'aujourd'hui, bien moins soucieux réellement du bien être des gens, de leur désirs, leur bonheur... C'est peut être moi qui ai un problème avec moi même. Je ne sais pas .
J'aimerais juste qu'on m'explique comment on fait pour se sentir "grand", pour faire taire cette foutue impression de n'être qu'un gamin ignorant égaré entre les jambes des adultes, qui me toisent de haut en ricanant de mon ignorance et de mon incapacité.
On m'a dit que ça viendrait en passant mon bac, en faisant des études et ayant des diplomes, en perdant ma virginité, en tombant amoureuse, en ayant mon propre appartement, en gérant mes factures, mon premier boulot, mon premier deuil, mon permis , ma propre voiture, mon premier enfant ...
Tout ça c'est fait.
Je me suis beaucoup battu pour m'en sortir seule. J'ai pas mal galéré. J'en ai grave chié par moment.
Autant quand je me battait au jour le jour pour vivre , suivre mes études, payer mon appart, je me sentais... estimée, presque à la hauteur. Mais je ne me suis jamais sentie "pleinement adulte".
Ca a été pire après la naissance de ma fille.
Tout ces doutes !
Retour arrière, j'ai l'impression d'avoir 16 ans, de ne rien maitriser dans ma vie et que ma mère va encore m'engueuler car j'ai pas révisé mon contrôle de Physique pour demain.
Voilà.
Voilà ou j'en suis.
Eternelle gamine, Ado atardée au long terme , je cherche la sortie pour acceder à l'étape superieure - pour autant qu'elle existe- à me demander si ça vaut vraiment le coup, "après". S'il existe encore en ce monde une étape réellement significative à passer qui fera de moi une Femme, une adulte aux yeux de la société, autrement que par mon âge.
Pourquoi je ne suis pas la seule qui souffre de chercher ce joyeaux rare et de ne pas le trouver, de ne même pas savoir s'il existe ?
Est ce un mal de notre génération et des suivantes , pour qui trouver un emploi n'est pas si facile , le garder encore moins et n'est donc plus représentatif ?
Comme annoncé en début, je n'ai pas de réponse (haha !) et ces questions me gachent un peu l'existence.
Ca doit faire partie de cette fichue quete initiatique ou il faut se trouver, découvrir qui l'on est et être en paix avec soi même pour enfin pleinement exister et vivre en égal avec les autres , ou juste bêtement se croire adulte et ça viens avec .
Bref, que des questions qui viennent avec la "vieillitude" et qui partront aussi vite qu'elles sont venues, non sans se cacher un peu dans l'ombre de mes pensées pour revenir me faire...suer quand je ne voudrais pas.
Si quelqu'un a une réponse claire , nette et précise qui ne fait pas interenir de religion et qui nécessite des poneys roses (si ya des paillettes c'est un plus) , je suis preneuse , je ne suis pas difficile !
Sinon gloomont ensemble et balançons de concert nos idées sombres dans le bouillon obscur de l'existence, le premier qui perd son bout de pain à un gage .