Gangrène
Je mue.
Insidieusement je sens en moi les changements qui s'opèrent.
Ma chisalide se fend et laisse échapper un mucus noir épais et nauséabond.
Ma nouvelle main explore prudemment le monde alentour, le tachetant joliment d'éclats de pourriture.
Je change.
Mon regard se pose sur elle, et un sourire m'éclate le visage en deux.
Je suis fière.
Au creux de ma paume , un petit cadavre exquis étends ses membres raidit par la mort.
La pourriture ne l'a pas eu encore, mais je l'y ai déposé au creux de ses entrailles, et bientôt la mignonne exsudera de tout ses pores, rampant et grouillant sous la fine peau d'ébène , n'attendant qu'une excuse pour se rompre et répandre sur vos doigts son pus joyeux.
Ma gangrène rose se répands avec une lenteur géologique , et si la piqure de mon dard est indolore encore, mon poison coule sereinement dans vos veines délicates.
Sentez vous la suave pourriture de mes nouvelles Chimères ?
Elles arborent des yeux de cabri grouillant de vers, et se pament sous de gros noeuds rose accrochés à leurs lambeaux de chair.
Si votre coeur oscille , hésitant , entre la nausée et l'amour, c'est qu'elles sont prètes mes mignonnes à déployer leurs ailes et a enserrer vos os de leurs tendres tentacules .
N'ayez pas peur, ne fuyez pas !
Elles restent malgré tout de douces psychopates.
Tant qu'elles sont repues.
