Voilà déjà 5 jours que j'ai décidé de modérer ma fréquentation d'internet. Au début je voulais carrément arrêter, mais on ne quitte pas comme ça la toile, pas après 11 ans d'amour fou. Il y a toujours une petite chose à chercher ou acheter, une personne a qui parler ou répondre, bref, la coupure totale que je prévoyais ne c'est pas faite totalement, mais je suis quand même contente de moi.

Pourquoi cette décision ?

C'est comme quand vous fumez, buvez ou autre, et qu'un matin, vous vous rendez compte qu'il n'y a plus de plaisir, mais du stress, un sentiment de vide, des habitudes et des gestes répétitifs appris par coeur et reproduits à la chaîne sans même en avoir conscience.

Moi, accro à l'ordi ?

Peut être oui. Sinon pourquoi ce besoin viscéral de rester de longues heures durant les yeux rivés à l'écran, quitte a avoir mal à la tête, aux yeux, devenir irritable ou négliger mon travail, voir ma gamine ?

Alors forte de cette illumination soudaine, Jeudi 02 Février en début d'après midi, j'ai claqué mon ordinateur portable et me suis donné comme date butoir le 15 Février, pour sinon arrêter complètement -internet et l'ordinateur restent de très bons outils - au moins largement réduire mon temps de présence devant l'écran bleu.

J'ai été surprise de découvrir que mes automatismes étaient fortement ancrés en moi. Le réflexe du matin, allumer la bête, survoler les dernières nouvelles en buvant son café, répondre à ses messages, écrire à d'autres, glander -beaucoup- de ci de là en attendant que le temps passe.

Le premier jour a été difficile. On y pense, on essaie de trouver de bonnes excuses pour y retourner, le rebrancher. Alors il y a les patchs : relever son courrier avec l'i-phone, qui rame, qui est long, qui n'affiche pas toutes les images, juste pour se rassurer, rien d'important, le monde n'a pas explosé depuis 38 minutes.

Et on continue. Le lendemain Vendredi,  mails que le soir, après que tout les trucs urgents "IRL" ne soient enfin fait , et bien.  Une petite entorse, de-ci de-là, 20 minutes pour répondre à un message urgent-pour-de-vrai, 10 de plus pour commander ces super Poufs en solde , afin de les recevoir a temps pour la venue des copines Samedi. Et hop, on éteint, on est sérieuse.

La journée a été remplie comme il faut, il n'y a pas besoin de plus... sauf peut être d'un petit peu de détente, je n'ai toujours pas finis ce fichu jeux ! A l'attaque, j'ai du temps pour moi !

Samedi, sortie avec une amie. Je suis à l'heure, rien ne m'a retardé, pas d'ordinateur mange temps, le plaisir de parler en vrai à une personne que j'apprécie me motive à arriver pile à l'heure au rendez vous, voir même un peu en avance. Journée sublime, une seule envie, partager ça avec tout le monde. Mais non, ce soir tu ne toucheras point à l'objet interdit. Alors je trie mentalement mes bonheurs de la journée, je les garde bien au chaud, comme ça j'aurais de belles petites choses à raconter plus tard aux autres amies quand je les verrais, que je les appellerais, ou que je m'autoriserais une petite entorse sur le web. Ce n'est pas plus mal, je re-situe mes sensations, je fais travailler ma mémoire, même si "parler " un peu en direct avec lesdites amies me manque un peu. Mais le MSN messenger chronophage n'est décidément pas une bonne chose, encore moins le Facebook tempus-gourmandus, alors tant pis, je me traîne vers mon atelier et oublie pour la soirée qu'il est si facile d'un clic d'acceder à l'ensemble du monde.

Le dimanche est bien cruel, températures polaires et farniente familial semble me pousser à fauter. Il ne faut pas déconner, ce sera NON ! Encore qu'un petit saut sur le fidèle Smartphone pour me décoincer de Pr Layton et la boite de Pandore ne sont pas de trop. J'échange un stress conte un autre, ce jeux est maléfique, et la fin bien décevante. Que de temps perdu !

Le lundi, je ne sais plus trop. Je nettoie , je range, je joue avec ma petitoune.

Je sirote mon eau tranquillement, assise par terre sur mon tapis. Pand'chat me fait la conversation et me ressert dans ma tasse en dînette sitôt qu'elle semble vide. Je suis calme, je n'ai rien d'autre à faire. L'aspirateur sera passé tout à l'heure, ou demain pourquoi pas. Je vais chercher quelques madeleines longues, que je coupe avec application en rondelles devant les yeux ébahis de ma progéniture, avant de les disposer en fleur dans des coupelles. Nous dégustons les morceaux de gâteaux avec cérémonie, en les piquant délicatement du bout des micros fourchettes de la petite dînette en porcelaine. Il me semble que présenté ainsi ces simple douceurs se parent soudain d'un attrait et d'un goût supérieur pour ma fille. Large sourire et babillages joyeux me confirment que ces quelques minutes entièrement consacrées à partager notre gouter sont très appréciées. Je souris aussi. Tout n'est pas parfait dans ma vie, et tout n'est pas que calme et volupté, le petit monstre face à moi peu se montrer aussi terrible qu'attendrissant. Mais pour la première fois depuis un moment, mes yeux et ma tête ne sont la que pour elle, loin des considération parfois si superficielles que je m'impose moi même comme une idiote en m'enchainant à ma machine.

Je n'ai pas hâte que ce moment finisse, rien d'autre ne m'attend après ça. Hop, mise  niveau de ma tasse, de la sienne, hésitation sur celle de la chienne, qui n'a rien bu, la mal élevé. Du coup, c'est le poney rose qui en hérite, bien fait.

Sieste, bain, télé, que de saines activités avant l'arrivée de Tatie Sugar, venue prêter main forte au Panda fatigué que je suis. Un peu de plaisir interdit le soir, pour me remettre à jour de la vie trépidante des BJDistes sur Matériel Céleste. Si peu de temps, déjà tant à rattraper...

 

Mardi, on y est. Là je suis un peu obligée de me connecter, j'en connais qui feraient la tronche si je sautais mon article , non ?

J'ai voulu reprendre mes mauvaises habitudes, mais contrairement à ce que je croyais, le sevrage est bien plus rapide que prévu. J'ai mal à la tête bien plus vite, et je me lasse de perdre mon temps pour rien sur des sites insipides. La guérison est proche mes frères !

Par contre, je ne pratiquerais pas l'abstinence bête et radicale, comme pour le sexe la modération est la clé, du moment que c'est bien fait ya pas de raison d'arrêter. Je vais continuer a jouer les absentes encore quelques temps, jusqu'à la date prévue, mais je ne me priverais pas totalement de mon accès à la technologie si j'en ai besoin.

Voilà, en fait pas grand chose de trépidant, pas de grandes théories, pas de râlages aigris sur tout, juste une remarque sur ma propre faiblesse, sur la facilité à se laisser dépasser et envahir par ce qui ne devrait être qu'un support, un outil.

Non, je n'encourage personne à faire comme moi, chacun gère sa consommation comme il le souhaite. Ne réduisez votre temps de présence devant votre ordinateur que si vous en ressentez le besoin. C'est ça qui est bien, d'être libre -encore- de pouvoir choisir.