Je me rends compte au moment où je tape ces lignes qu'on a oublié de fêter le premier anniversaire de ce blog. Et que c'est la deuxième fois que je suis chargée de vous souhaiter un joyeux noël. Le jour où je teste ma nouvelle coloration maison au cucurma. Coïncidence ? JE NE PENSE PAS.

 

Je n'ai pas été sage cette année. Je n'ai pas rangé ma chambre, j'ai été gourmande, j'ai dit des méchancetés, j'ai griffé et j'ai mordu. J'ai parfois été lâche, hypocrite, j'ai déçu ma famille et menti. Mais depuis que je suis vendeuse pour une grande enseigne de jouets, je relativise. Je suis loin d'être l'humain le plus indigne de cette planète, surtout en cette période de fêtes. Deux petits morceaux de ma vie professionnelle pour illustrer mon propos.

 

Deux femmes (Dinde 1 et Dinde 2) errent dans un rayon avec leurs mômes. Probablement des soeurs, ou des copines. Une dame un peu bourgeoise (Dinde 3) passe avec sa gamine. Jusque là tout est normal. La-dite gamine repose un jouet et apparemment bouscule Dinde 1 au passage (je pense que Dinde 1 a beaucoup exagéré sur ce point, je crois pas qu'un petit bout d'à peine 9 ans puisse la bousculer à ce point, elle a du la pousser un peu, au pire). Bref, Dinde 1 commence à engueuler et insulter la petite, soutenue par Dinde 2 . Dinde 3 prend (logiquement) la défense de sa fille. Le ton monte, les menaces commencent.

"Je vais te défoncer ta race si tu continues" <- Dinde 1 est mécontente.

J'interviens et je les sépare une première fois par le dialogue.

"Heu mesdames... S'il vous plait... heu... Arrêtez..." <- Sugar est déterminée.

Dinde 3 s'éloigne avec sa fille mais Dinde 1 et 2 l'insultent bruyamment , elle revient à la charge. Je me retrouve au milieu de trois furies, toutes griffes dehors, à faire barrage de mon corps. Les trois momes comprennent pas ce qui se passent et se mettent à pleurer. Pendant ce temps, la moitié du magasin s'est amassé autour de nous et regarde. Sans rien faire. Comme une bande de hyènes qui guettent le signal de la curée. Bref, finalement, un client plus sympa (et peut-être plus courageux) que les autres finit par m'aider et attire Dinde 3 à l'écart qui se barre pour aller chercher la sécurité du magasin. Dinde 1 et 2 restent et gueulent un moment, on les calme avec une collègue, elles partent. Au bout d'un moment, Dinde 3 revient avec le mec de la sécurité. Vu que 1 et 2 ne sont plus là, ben, le pauvre videur s'en va. Dinde 3 reste un moment, je la calme, je rassure la petite, elles s'en vont. Fin de l'incident.

 

 

Mais pas de ma journée.

Plus tard, une cliente me demande un renseignement. Pendant que je la conseille, je repère du coin de l'oeil une femme enceinte jusqu'aux yeux qui patiente en attendant que j'ai fini avec ma première cliente. Je note mentalement qu'elle est là, puisque j'essaye toujours de m'occuper de mes clients dans l'ordre chronologique d'arrivée (normal quoi). Je termine, je me tourne vers elle et là d'un seul coup...

"MADEMOISELLE !"

Un monsieur moustachu surgit de nulle part et passe devant la dame enceinte, qui n'est pas ravie de la situation, forcément.

" Hey ho, je suis là.
- Quoi "vous êtes là" ?
- J'étais là avant vous. 
- De quoi ?
- Oui monsieur, je suis désolée, mais madame a raison, elle était là avant vous.
- Mais bien sûr, c'est ça, madame a raison..."

La dame commence à m'expliquer ce qu'elle cherche pendant que la moustache boude, mais il se met à grommeler, pas assez clairement pour qu'on le comprenne, mais son ton parle pour lui. La femme enceinte se tourne vers lui.

"Pardon ? Vous avez dit quoi là ?
- RIEN, vous entendez des voix !
- J'entends des voix ? " 

Elle semble sur le point d'exploser, elle se contient, souffle un coup et finit par réussir à me poser sa question en entier. Je lui indique le rayon où se trouve le sac qu'elle cherchait, elle s'en va. Et je me retrouve sans bouclier face à la moustache.

"Oui ben moi aussi je suis handicapé, d'ailleurs j'ai la carte, je peux pas rester longtemps dans le magasin, c'est n'importe quoi..."

Je me retiens très fort de ne pas lui balancer à la tronche que s'il ne nous avait pas interrompu, ça m'aurait pris 15 secondes pour répondre au lieu de 5 minutes, et j'opte pour la diplomatie.

" Ecoutez monsieur, madame était là avant vous, vous êtes tous les deux prioritaires, donc de toutes façons je...
- Oui, bon, Sarah, ça va, je veux connaître le prix de cet article."

Là je me dis que pour calmer les choses et lui faire plaisir pour qu'il dégage plus vite, je vais porter moi-même le jouet à la borne de prix. Et puis vu qu'il est handicapé, ça le soulagerait. Ma connerie gentillesse me perdra. Je traverse l'allée au pas de course, un autre monsieur m'arrête pour me demander l'emplacement des caisses ("tout droit, puis à gauche"). La moustache déboule et m'arrache le paquet des mains.

" C'est bon, ÇA VA, je vais le faire MOI-MÊME. "

Et de se ruer au pas de course vers la borne, avec un client un peu... surpris.

hate

Bref, si vous ne vous êtes pas comporté comme ces gens-là au long de l'année, je pense que VOUS aurez des cadeaux au pied du sapin demain, au lieu d'un simple morceau de charbon.

Et Joyeux Noël, bande de moules !