Ô toi, lecteur bien aimé qui n'a pas encore mis un pied dans le monde du travail, toi à l'innocence encore intacte, aux grands espoirs, toi l'optimiste, le pur, l'enthousiaste, cet article est pour toi ! Il te permettra de mieux connaître ce qui t'attends sur la longue route de l'Emploi. Soit préparé à affronter ces dangers ! Tiens toi bien droit, le menton levé, et méprise-les de toute ta hauteur...

Ô toi, lecteur bien aimé qui travaille toute la semaine, toi à l'esclave des factures, toi l'humilié du Pole Emploi, le bouc émissaire des patrons incompétents, des clients ulcérés et des collègues jaloux, cet article est pour toi ! Il te permettra de reconnaître ceux qui peuplent tes journées de leur bêtise crasse. Ris leur au nez, car ils ne valent pas mieux ! Tiens toi bien droit, le menton levé, et méprise-les de toute ta hauteur...

Ô toi, enfoiré de veinard de retraité lecteur bien aimé qui ne travaille plus, toi qui a souffert, qui a encaissé, toi le fatigué, le rompu, cet article est pour toi ! Reconnaît ceux qui t'ont pourris la vie toutes ces années et que tu as dû supporter, bon an, mal an. Et rigole un bon coup, parce que tu n'auras plus à les fréquenter ni à faire de compromis pour maintenir une quelconque cohabitation avec cette bande de dégénérés.

Cet article traite donc de quelques personnages que vous pourrez retrouver partout, peu importe la nature travail, l'endroit , la durée du contrat ou l'alignement des étoiles. Ils sont la "constante boulet", ils sont partout. Pas tous à la fois, non, ça serait trop simple, mais toujours. Toujours, ils sont là. A guetter.

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Le Martyr

Il est assis à son bureau et il soupire. C'est d'ailleurs son activité principale, au point qu'on se demande même si sa fiche de paye n'est pas calculée au nombre de soupirs/minutes. Il a mal dormi hier. Son petit déjeuner était fade. Son café est trop chaud. Son café est trop froid. Il y a trop de travail. Il n'est pas assez payé pour ce qu'il fait. Il se trouve laid. Il s'ennuie. Il fait trop chaud. La clim est trop froide. Les collègues font trop de bruit. Les collègues ne sont pas amicaux. Les chefs lui en veulent, d'ailleurs ils ne l'ont toujours pas viré, c'est bien une preuve ! Tout est prétexte à la plainte, et pendant ce temps, il n'en branle pas une. Bien sûr, s'il utilisait à la tache ne serait ce que la moitié de l'énergie qu'il met à soupirer et à chouiner, il soulèverait des montagnes. Mais non. D'ailleurs, le Martyr est souvent malade et absent, sa santé fragile nécessitant des cures de boites de nuit, avec une double dose de photos sur Fesses-de-Bouc pour aider la médecine à couler...

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Le Bras Cassé

Il est là depuis 10 ans déjà, et il ne sait RIEN faire. Même trier des dossiers dans l'ordre alphabétique semble une tâche insurmontable pour son intellect déficient. Il reste assis sur sa chaise, les bras ballants, sa bouche ouverte couvrant lentement mais surement son bureau de bave. Il faut toujours lui dire quoi faire, quand et comment (ne vous fatiguez pas avec le pourquoi, il ne comprendrait pas). Et surtout, il faut tout le temps repasser derrière, vous réparer les erreurs grossières qu'il aura immanquablement faites. Mais alors, me direz-vous, s'agirait-il d'une personne "spéciale" ? Un peu... "désavantagée" par la génétique ? Que nenni. Un travailleur handicapé part avec un handicap justement. Le Bras Cassé, non, il est juste très con.

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Le Napoléon

Sa vie est un abysse de médiocrité. Persuadé d'avoir été privé de sa chance, d'être sous-exploité, il fait ce travail par obligation, pas par choix. Il est payé une misère, doit faire face aux humiliations régulières des patrons. Et donc, dès qu'on lui confie la moindre parcelle de pouvoir, il ne se sent plus pisser. Qu'on lui donne un rang un peu plus élevé que ses collègues ("ramasse caca" au lieu de "ramasse merde" par exemple) et on le verra arpenter les couloirs de l'entreprise, en conquérant. Il vous parlera comme à un enfant particulièrement demeuré, se permettra de venir mettre son nez dans vos affaires, commentera sèchement votre retard de 5 minutes s'il ne fait pas carrément un rapport dessus (oubliant bien entendu que lui part 30 minutes plus tôt que les autres le soir... mais il a le droit, non ? C'est lui le CHEF). C'est un petit être rabougri qui se prend pour un conquérant, l'équivalent du rapporteur/chouchou de la maîtresse en primaire, et il cherchera à vous enfoncer, parce qu'il sent que vous risquer de le dépasser...

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L'Humoriste

C'est un sacré rigolo qui met de l'ambiance dans tous le service... Du moins, c'est ce qu'il croit. En réalité, c'est un gros lourd, dont l'humour porcin ne fait rire que lui. Il se moquera de votre nez, votre style vestimentaire, votre démarche, vos origines ethniques, votre sexe, vos préférences sexuelles, votre façon de parler, vos études, vos lunettes, votre couleur de cheveux... Et quand vous finissez par lui exploser au nez parce que vous ne supportez plus son machisme/racisme/irrespect/intolérance générale, il vous rétorquera que c'est vous qui n'avez pas d'humour et que vous êtes trop sensible. Peut-être. Sauf qu'une personne normale prendrait note qu'il s'agit d'un sujet sensible et se garderait bien de l'évoquer à nouveau en votre présence. L'Humoriste, lui, une fois qu'il a repéré le bouton qui vous fait exploser/souffrir, se fera un malin plaisir de revenir appuyer dessus. TOUS. LES. JOURS. C'est pour votre bien, ça vous donnera du recul sur la question !

cruche

 

La Cruche

Généralement femelle, la Cruche est le soleil qui éclipse toutes les autres astres de la bêtise qui rayonnent autour de vous. Elle ne comprend rien (comme le Bras Cassé), communique à base de gloussements hystériques (comme l'Humoriste), fourrera son nez dans votre vie personnelle (comme le Napoléon) et passera son temps à vous raconter la sienne (comme le Martyr). Si elle est en couple et que tout va bien, elle vous soulera en vous expliquant à quel point il est trop "kikinou, lol". Si elle est en couple et que ça ne va pas, elle vous soulera en vous expliquant à quel point il est trop "missant, lol". Si elle est célibataire, que vous êtes une fille, et que ça ne va pas, elle vous soulera en vous expliquant ses peines de coeurs. Si elle est célibataire, que vous êtes une fille, et que ça va, elle vous soulera en vous essayant de vous maquer avec son cousin laid comme un pou. Si elle est célibataire, que vous êtes un garçon, et que ça ne va pas, elle vous soulera en vous draguant avec la subtilité d'un hippopotame sous codéine. Si elle est célibataire, que vous êtes un garçon, et que ça va, elle vous soulera en vous essayant de vous maquer avec sa cousine laide comme un pou. La seule différence entre la cruche de table et la Cruche de bureau, c'est que la cruche de table vous soule quand elle est pleine de vin. La Cruche de bureau, elle, vous soule. En permanence.

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 Le Possédé

Tout le monde l'appelle Jean Marc, mais personne n'est vraiment sûr qu'il s'agisse de son nom, en réalité. Il parle peu, ne socialise jamais. Il fait son travail, et le soir venu, disparaît sans saluer personne. Personne ne sait où il habite, son âge, s'il est marié, s'il a des enfants. Certes, il est le plus efficace du service... Mais il a cette façon de vous fixer, droit dans les yeux, qui met mal à l'aise. Inutile d'essayer de le connaître, même l'Humoriste a arrêté de venir le déranger. Vous pourrez le questionner, oui, mais seul un silence glacé vous répondra, et ses yeux lisses et froids comme deux globes de verre qui vous contemplent. Parfois une réponse monosyllabique, si vous lui êtes sympathique. Ou si vous l'emmerdez suffisamment. Parfois... Mais seulement parfois... Quand la lune est à son apogée, que vous venez de subir une véritable lapidation de la part de votre chef, soutenu par Napoléon, que vous avez enduré Martyr, Humoriste et Bras Cassé sans faillir... Vous renversez votre café, les vannes lâchent, vous éclatez en sanglots. Alors... alors parfois... l'Humanité revient au Possédé. Son regard s'adoucit, il s'approche de vous en silence et pose une main sur votre épaule. Il rompt son mutisme, rien que pour vous, et de sa gorge enrouée sortent ces mots :

"Fuis, avant qu'il ne soit trop tard... Fuis, avant de devenir... comme moi."